Pourtant, sur l’ordre d’un chef d’orchestre invisible, les hostilités furent suspendues.

On voulait mettre Sarrail à l’épreuve, savoir si, vraiment, il aurait le front de se comporter en libre-penseur dans un pays où Weygand lui-même qui, pourtant, ne peut être suspecté de tiédeur religieuse, s’écria un jour en parlant des jésuites : « Je suis las de leur tyrannie. »

On lui offrit les honneurs liturgiques. Il les refusa. C’était son droit. On le convia à des cérémonies dans des écoles confessionnelles. Il les éluda. C’était aussi son droit.

On l’avait attendu là. Il devenait évident que le « Général Rouge » ne faillirait point à ses principes. La trêve prit fin.

Les journaux des Jésuites et des Maronites publièrent articles et échos d’une insigne malveillance. Des lettres, des pétitions, des télégrammes furent adressés au président du Conseil et au président de la République, pour réclamer le rappel du Haut-Commissaire.

Des réunions clandestines se tinrent de nuit entre fonctionnaires et officiers. Chacun y apportait les renseignements, les petits papiers qu’il avait pu se procurer à l’occasion de ses fonctions. Et l’on rédigeait en collaboration des articles destinés aux journaux parisiens anticartellistes.

On souhaitait ouvertement que Sarrail « ramasse une belle bûche ». Ce vœu, qui attestait tant de patriotisme, ne devait pas être formulé en vain : quelques mois plus tard, la révolte des Druses éclatait.

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Que n’a-t-on dit, écrit, sur la révolte druse ?