A la Nouvelle Librairie Nationale
M. Alfred Croiset, historien de la Démocratie athénienne.
Droits de traduction et de reproduction réservés pour tous pays, y compris la Suède, la Norvège et le Danemark.
NOUVELLE PRÉFACE
Voici la réimpression d’un petit ouvrage paru en 1903, composé en 1897, et qui fut, peu s’en faut, mon début dans les lettres. Il était épuisé depuis longtemps et, si nous nous décidons, mon excellent éditeur et moi, à en donner une édition nouvelle, c’est tout simplement parce que les libraires n’avaient pas cessé de le demander. Le motif de son exhumation n’est nullement fourni par les circonstances présentes. On comprendra, cependant, que je ne veuille point remettre dans le commerce une œuvre de jeunesse qui touche à de graves et passionnants problèmes, qui agite beaucoup d’idées, sans quelques explications préalables.
Ce petit livre est avant tout un exposé de Nietzsche, mais c’est un exposé relevé de quelques accents de sympathie intellectuelle qui ont une apparence de recommandation. C’est, à la vérité, un exposé fort tendancieux. Il n’est pas inexact le moins du monde. Il ne fait pas dire autre chose à Nietzsche que ce que Nietzsche a dit réellement. Mais il laisse de côté toute une partie des idées nietzschéennes, celle qui m’intéressait le moins. Je n’ai pas donné le coup de pouce à mon auteur. J’ai seulement dégagé ce que je trouvais chez lui de bon. Une analyse plus complète ne contredira pas la mienne ; elle juxtaposera de nouveaux éléments à ceux que j’ai voulu mettre en lumière ; peut-être montrera-t-elle aussi que ce que j’ai pris dans la philosophie de Nietzsche en constitue bien le principal, qu’il en forme le centre d’inspiration et comme le cœur.
Voilà pourquoi, ce petit livre, bien qu’inspiré par un dessein particulier, garde à mon sens une valeur historique et critique.
Quel était ce dessein ? Et méritait-il assez d’être approuvé, pour que, dans la maturité de l’âge, je publie à nouveau ce qu’il m’inspira ?