Alors un pavillon blanc monte au minaret de Mouley-Driss.

Comme une réponse subite, à tous les autres minarets des autres mosquées, d'autres pavillons blancs semblables apparaissent:

Allah Akbar!

Un immense cri de foi aveugle retentit sur la ville tout entière.

Allah Akbar!...

A genoux, tous les croyants! à genoux dans les mosquées, à genoux dans les rues, à genoux au seuil des portes, à genoux dans les champs: c'est l'heure sainte de Moghreb!...

Allah Akbar!...

Du haut de tous les minarets, les mouedzen, mettant leurs mains contre leur bouche, répètent le long gémissement religieux aux quatre points cardinaux, en traînant leur voix de fausset tristement comme des loups qui hurlent...


Tout s'apaise—le soleil est couché.—Une vapeur violette plus foncée accentue davantage le vide entre les terrasses; elles semblent se séparer les unes des autres, s'éloigner de moi avec leurs groupes de femmes devenues immobiles... Un silence tombe sur la ville, après l'immense prière...