La clameur des chiens de Jérusalem, qui la nuit est incessante comme dans toutes les villes turques, s'entendait à peine d'en bas, du fond de la vallée; mais ici elle m'arrive, lointaine, sonore et légère; des échos sans doute la déplacent, car elle semble partir d'en haut, tomber du ciel. Et de temps à autre s'y mêle le cri plus rapproché, l'appel en sourdine d'un oiseau nocturne.
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Contre l'olivier, mon front lassé s'appuie et se frappe. J'attends je ne sais quoi d'indéfini que je n'espère pas,—et rien ne vient à moi, et je reste le cœur fermé, sans même un instant de détente un peu douce, comme, au Saint-Sépulcre le jour de l'arrivée.
Pourtant, ma prière inexprimée était suppliante et profonde,—et j'étais venu de «la grande tribulation», de l'abîme d'angoisse...
Non, rien; personne ne me voit, personne ne m'écoute, personne ne me répond...
J'attends,—et les instants passent, et c'est l'évanouissement des derniers espoirs confus, c'est le néant des néants où je me sens tomber...
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Alors, la voix brusque tout à coup, et presque mauvaise, j'appelle le janissaire qui docilement veillait là-bas: «Viens, c'est fini, rentrons!»
Et, l'âme plus déçue, vide à jamais, amère et presque révoltée, je redescends vers la vieille porte garnie de fer, pour rentrer dans Jérusalem.
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