Les sanctuaires des musulmans ne causent jamais, comme les sanctuaires chrétiens, l'émotion douce qui amène les larmes; mais ils conseillent les détachements apaisés et les résignations sages; ils sont les asiles de repos où l'on regarde passer la vie avec l'indifférence de la mort.

En particulier, tout ce silencieux Haram-ech-Chérif, avec sa mélancolie et sa magnificence, est bien le lieu de rêve qui n'émeut pas, qui n'attendrit pas, mais qui seulement calme et enchante. Et, pour moi, il est le refuge qui convient le mieux aujourd'hui;—de même que cet Islam vers lequel j'avais incliné jadis, pourrait, compris d'une certaine manière, devenir plus tard la forme religieuse extérieure, toute d'imagination et d'art, dans laquelle s'envelopperait mon incroyance.

XXIII

O crux, ave spes unica!

Lundi, 16 avril.

Ce matin, nos chevaux sellés, nos cantines fermées, nous allions quitter Jérusalem et continuer notre route à travers la Galilée, vers Damas la ville sarrasine, pour au moins nous distraire et nous étourdir au charme de mort des choses orientales.

Mais une pluie glacée commence à tomber d'un ciel tout noir. Et c'est le retour subit de l'hiver, avec un grand vent gémissant, des torrents d'eau et de grêle.

Alors, nous décidons de remettre à demain ce départ.

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La journée se passe, comme celle de notre arrivée ici, au coin du feu et au milieu de gens quelconques, dans l'écœurant ennui d'un salon d'hôtel par temps de pluie, entre les éternels marchands d'objets de piété et les odieuses petites tables de lecture où posent les derniers journaux d'Europe.