—Oh! reprit Ulemalik, que je meure, mais que je les voie!
IX
Ce fut à la fin d'un hiver, aux premiers jours tièdes d'un mois de mars, que Moumoutte Chinoise fit son entrée dans ma maison de France.
Moumoutte Blanche, que mes yeux s'étaient déshabitués de voir pendant ma campagne de Chine, portait encore à cette époque de l'année sa royale fourrure des temps froids et je ne l'avais jamais connue si imposante.
Le contraste allait être d'autant plus écrasant pour l'autre, efflanquée, avec son pauvre poil de lapin sauvage usé par places comme si les teignes l'avaient mangé. Aussi me trouvé-je très confus quand mon domestique Sylvestre, revenant de la chercher à bord, souleva d'un air semi-narquois le couvercle du panier où il l'avait mise, et qu'il fallut voir, en présence de la maison assemblée, sortir craintivement cette petite amie chinoise...
L'impression fut déplorable, et je me rappelle toute la conviction que tante Claire mit dans cette simple phrase: «Oh! mon ami... qu'elle est vilaine!»
Bien vilaine, en effet. Et comment, sous quel prétexte, avec quelle formule d'excuse la présenter à Moumoutte Blanche? N'imaginant rien, je la fis conduire pour le moment dans un grenier isolé, afin de les dissimuler d'abord l'une à l'autre, de gagner du temps et de réfléchir.