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"Épouser la petite Rarahu du district d'Apiré." Cette proposition me prenait au dépourvu, et me donnait beaucoup à réfléchir...

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Il allait sans dire que la reine, qui était une personne très intelligente et sensée, ne me proposait point un de ces mariages suivant les lois européennes qui enchaînent pour la vie. Elle était pleine d'indulgence pour les moeurs faciles de son pays, bien qu'elle s'efforçait souvent de les rendre plus correctes et plus conformes aux principes chrétiens.

C'était donc simplement un mariage tahitien qui m'était offert. Je n'avais pas de motif bien sérieux pour résister à ce désir de la reine, et la petite Rarahu du district d'Apiré était bien charmante...

Néanmoins, avec beaucoup d'embarras, j'alléguai ma jeunesse.

J'étais d'ailleurs un peu sous la tutelle de l'amiral du Rendeer qui aurait pu voir d'un mauvais oeil cette union... Et puis un mariage est une chose fort coûteuse, même en Océanie... Et puis, et surtout, il y avait l'éventualité d'un prochain départ, -- et laisser Rarahu dans les larmes, en eût été une conséquence inévitable, et assurément fort cruelle.

Pomaré sourit à toutes ces raisons, dont aucune sans doute ne l'avait convaincue.

Apres un moment de silence, elle me proposa Faïmana, sa suivante, que cette fois je refusai tout net.

Alors sa figure prit une expression de fine malice, et tout doucement ses yeux se tournèrent vers Ariitéa la princesse: