-- Ia ora na, Tseen-Lee! -- Ia ora na tinito, mafatu meiti!
(Bonjour, Tseen-Lee, -- bonjour, Chinois, mon petit coeur!)
Elles le connaissaient par son nom, et lui-même avait appelé Rarahu... Il avait laissé retomber sa queue grisonnante avec un grand air de coquetterie, et ses yeux de vieux lubrique étincelaient d'une hideuse manière...
XXVIII
Il tira de ses poches une quantité de choses qu'il offrit aux deux enfants: petites boîtes de poudres blanches ou roses, -- petits instruments compliqués pour la toilette, petites spatules d'argent pour racler la langue, toutes choses dont il leur expliquait l'usage, -- et puis des bonbons chinois aussi, -- des fruits confits au poivre et au gingembre...
C'était Rarahu surtout qui était l'objet de ses attentions ardentes. -- Et les deux petites, en se faisant un peu prier, acceptaient tout de même avec accompagnement de moues dédaigneuses, et de grimaces de ouistitis...
Il y eut un grand ruban rose, pour lequel Rarahu laissa embrasser son épaule nue...
Et puis Tseen-Lee voulut aller plus loin, et approcha ses lèvres de celles de ma petite amie, -- laquelle s'enfuit à toutes jambes, suivie de Tiahoui... Toutes deux disparurent sous bois comme des gazelles, emportant leurs présents à pleines mains - on les entendit de loin rire encore à travers la verdure, -- et Tseen-Lee, incapable de les rejoindre, demeura à sa place, piteux et décontenancé...