e neva oe to mata, aita e hio hoi au (e)! ehahe!..."
-- tourneras en haut tes yeux, pas verrai de nouveau moi! hélas!..."
Traduction grossière:
-- "Ma douleur pour toi et plus haute que le sommet du Paia, ô mon amant! hélas!...
-- "J'ai arraché les racines du tiaré pour marquer ma douleur pour toi, ô mon amant! hélas!...
-- "Tu es parti, mon bien-aimé, vers la terre de France; tu lèveras tes yeux vers moi, mais je ne te verrai plus! hélas!..."
Ce chant qui vibrait tristement le soir sur l'immensité du Grand Océan, répété avec un rythme étrange par trois voix de femmes, est resté à jamais gravé dans ma mémoire comme l'un des plus poignants souvenirs que m'ait laissés la Polynésie...
XXXIV
Il était nuit close quand le cortège bruyant fit son entrée dans Papeete, au milieu d'un grand concours de peuple.
Au bout d'un instant nous nous retrouvâmes marchant côte à côte, Rarahu et moi, dans le sentier qui menait à notre demeure. Un même sentiment nous avait ramenés tous deux sur cette route, où nous avancions sans nous parler, comme deux enfants boudeurs qui ne savent plus comment revenir l'un à l'autre.