Et, la soirée finie, il s'agit de s'en retourner là-haut....
Oh! cette rue, ce chemin, qu'il faut remonter chaque nuit, sous le ciel étoilé ou lourd d'orage, en traînant par la main sa mousmé qui s'endort, pour aller regagner, à mi-montagne, sa maison juchée et son lit de nattes....
[XIII]
Le plus fin de nous tous a été Louis de S.... Jadis ayant pratiqué le Japon et s'y étant marié, il se contente aujourd'hui d'être l'ami de nos femmes; il en est le Komodachi taksan takaï, l'ami très haut (comme elles disent à cause de sa taille, qui est excessive et manque un peu d'ampleur). Parlant japonais mieux que nous, il est leur confident intime; il trouble ou raccommode à volonté nos ménages et se divertit beaucoup à nos dépens.
Cet ami très haut de nos femmes a tout l'amusement que peuvent donner ces petites créatures, sans aucun des soucis de la vie domestique. Avec mon frère Yves et la petite Oyouki (fille de madame Prune, ma propriétaire), il complète cet assemblage disparate que nous sommes.
[XIV]
M. Sucre et madame Prune*, mon propriétaire et sa femme, deux impayables, échappés de paravent, habitent au-dessous de nous, au rez-de-chaussée. Bien vieux l'un et l'autre pour avoir cette fille de quinze ans, Oyouki, l'amie inséparable de Chrysanthème.
*En japonais: Sato-San et Oumé-San.