...Cela s'éloigne et cela se tait....

Alors les deux petites amies retournent s'asseoir sur leurs nattes et reprennent leur duo triste.—Un orchestre discret mais innombrable de grillons et de cigales les accompagne en trémolo,—toujours ce trémolo immense qui se fait doucement et éternellement sur toute la terre japonaise.


[LI]

17 septembre.

Pendant l'heure de la sieste arrive l'ordre brusque de partir demain pour la Chine, pour Tchéfou (un lieu affreux situé dans le golfe de Pékin). C'est Yves qui vient me réveiller dans ma chambre de bord, pour me l'apprendre.

—Il faut absolument que je me débrouille pour aller à terre ce soir, dit-il, pendant que j'achève de secouer mon sommeil—, d'abord, quand ce ne serait que pour vous aider à faire votre déménagement là-haut....

Et il regarde par mon sabord, levant la tête vers les cimes vertes, dans la direction de Diou-djen-dji et de notre vieille maisonnette sonore, qu'un repli de montagne nous cache.

C'est très gentil de sa part, ce désir de m'aider dans mon déménagement là-haut; mais je crois aussi qu'il tient à faire ses adieux à ses petites amies japonaises, et vraiment je ne puis lui en vouloir.

Il se débrouille en effet et obtient, sans que je m'en mêle, la permission pour ce soir cinq heures, après l'exercice et la manœuvre.