Quant à moi, je pars tout de suite, dans un sampan de louage.
Au grand soleil de midi, au bruit tremblant des cigales, je monte à Diou-djen-dji.
Les sentiers sont solitaires; les plantes, accablées de chaleur.
Cependant voici madame Jonquille, qui se promène, à cette heure lumineuse des sauterelles, abritant sa délicate personne et son fin minois sous un immense parasol en papier, tout rond, à nervures très rapprochées et à grands bariolages fantasques.
Elle me reconnaît de loin et, rieuse comme toujours, accourt au-devant de moi.
Je lui annonce notre départ—, et une grosse moue contracte sa figure enfantine.... Allons, est-ce qu'elle en a du chagrin, vraiment?... Est-ce qu'elle va pleurer?...—Non! non; cela tourne en un accès de rire, un peu nerveux sans doute, mais inattendu, déconcertant,—sec et cristallin, dans le silence de ces sentiers chauds, comme une dégringolade de petites perles fausses.
Ah! bien, par exemple, voilà un mariage qui sera rompu sans douleur!—Elle m'impatiente, cette linotte, avec son rire, et je lui tourne le dos pour continuer ma route.
Là-haut, Chrysanthème dort, étendue sur le plancher; la maison est complètement ouverte et une tiède brise de montagne passe au travers.
Précisément nous devions donner un thé ce soir, et, d'après mes indications, il y a déjà des fleurs partout. Encore des lotus dans nos vases, de beaux lotus roses; les derniers de la saison, cette fois, je pense.—On a dû les commander chez ces fleuristes spéciaux qui demeurent là-bas, dans les quartiers du Grand Temple, et ils vont me coûter très cher.
A petits coups légers d'éventail, je réveille cette mousmé surprise, et je lui annonce que je m'en vais, curieux de l'impression que je vais produire.—Elle se redresse, frotte, avec le revers de ses petites mains, ses paupières alourdies, puis me regarde et baisse la tête: quelque chose comme un sentiment de tristesse passe dans ses yeux.