Quelquefois on causait d'Yves, et Marie disait timidement que, depuis leur mariage, il se corrigeait beaucoup.

«Tra la la la!... se corriger!...» répétait la vieille mère, en prenant son air mauvais.» Tra la la la, ma fille!... se corriger!... C'est la tête de son père, c'est la même chose, c'est tout pareil, et vous n'avez pas fini d'en voir avec lui; moi, je vous le dis.»

Alors la pauvre Marie, le cœur gros, ne sachant plus que répondre, ni que dire tout le long du jour, ni que faire d'elle-même, attendait avec impatience le temps fixé par Yves pour repartir. Et, bien sûr, elle ne reviendrait plus.


[LXV]

Au sortir de Paimpol, Marie est remontée avec son fils dans la diligence, qui s'ébranle et les emmène. Par la portière, elle regarde sa belle-mère, qui est tout de même venue de Plouherzel les conduire jusqu'à la ville, mais qui leur a dit un bonjour glacial, un bonjour bref à faire mal au cœur.

Elle la regarde, et elle ne comprend plus: la voilà qui court maintenant, qui court après la voiture,—et puis sa figure qui change, qui leur fait comme une grimace. Qu'est-ce qu'elle leur veut? Et Marie regarde presque effrayée. Elle grimace toujours. Ah!... C'est qu'elle pleure! Ses pauvres traits se contractent tout à fait, et voici les larmes qui coulent.... Elles se comprennent maintenant toutes les deux.

«Pour l'amour de Dieu! Faites arrêter la voiture, monsieur», dit Marie à un Islandais qui est assis près d'elle, et qui a compris, lui aussi; car il passe son bras au travers du petit carreau de devant et tire le conducteur par sa manche.

La voiture s'arrête. La grand-mère qui a toujours couru, est là derrière, à toucher le marchepied; elle leur tend les mains, et sa figure est toute baignée de larmes.

Marie est descendue, et la vieille femme, la serrant dans ses bras, l'embrassant, embrassant petit Pierre: