«22, les deux fourriers à la promenade!
—33, les jambes du maître coq!»
Et mon pauvre Yves était au-dessous d'eux, à fond de cale, dans l'obscurité, étendu sur les planches par ce grand froid avec la boucle au pied.
Que faire?... Donner l'ordre de le mettre en liberté et de me l'envoyer? Je devinais parfaitement ce qu'elle pourrait être, cette entrevue: lui debout, impassible, farouche, m'ôtant très respectueusement son bonnet, et me bravant par son silence, en détournant les yeux.
Et puis, s'il refusait de venir,—et il en était très capable en ce moment,—alors... ce refus d'obéissance... comment le sauver de là ensuite? Comment le tirer de ce gâchis que j'aurais été commettre entre nos affaires à nous et les choses aveugles de la discipline?...
Maintenant, la nuit tombait, et il y avait près de cinq heures qu'Yves était aux fers. Je songeais au petit Pierre et à Marie, aux bonnes gens de Toulven, qui avaient mis leur espoir en moi, et puis à un serment que j'avais fait à une vieille mère de Plouherzel.
Surtout, je sentais que j'aimais toujours mon pauvre Yves comme un frère.... Je rentrai chez moi, et vite je me mis à lui écrire; ce devait être le seul moyen entre nous deux; avec nos caractères, les explications ne nous réussissaient jamais.—Je me dépêchais, j'écrivais en très grosses lettres, pour qu'il pût lire encore: la nuit venait vite, et, dans l'arsenal, la lumière est chose défendue.
Et puis je dis au sergent d'armes:
«Allez chercher Kermadec, et amenez-le parler à l'officier de quart, ici, dans ma chambre.»
J'avais écrit: