«Non, tu ne veux pas m'ouvrir?... Oh! mais je l'arracherai alors! Tu vas voir!»
Une secousse ébranla le plancher, puis on entendit un grand bruit sourd, horrible. Yves venait de tomber de tout son haut. La poignée par laquelle il avait voulu prendre cette porte lui était restée dans la main, arrachée, et alors, lui, avait été jeté à la renverse sur son fils, dont la petite tête avait porté, dans la cheminée, contre l'angle d'un chenet de fer....
Ah! Ce fut un changement brusque. Marie ne priait plus; elle s'était levée, les yeux dilatés et farouches, pour ôter son petit Pierre des mains d'Yves, qui voulait le relever. Il était tombé sans crier, ce petit enfant, tout saisi d'être blessé par son père; le sang coulait de son front et il ne disait rien. Marie, le tenant serré contre sa poitrine, prit la clef dans son corsage, ouvrit d'une main et poussa la porte toute grande.. Yves la regardait, effrayé à son tour;—elle s'était reculée et lui criait:
«Va-t'en! va-t'en! va-t'en!»
Pauvre Yves,—voilà qu'il hésitait à passer! Il cherchait à mieux comprendre. Cette porte qu'on lui ouvrait maintenant, il n'en voulait plus; il avait le sentiment vague que ce seuil allait être quelque chose de funeste à franchir. Et puis ce sang qu'il voyait sur la figure de son fils et sur sa petite collerette.... Oui, il cherchait à mieux comprendre, à s'approcher d'eux. Il passait sa main sur ses tempes, sentant qu'il était ivre, faisant un grand effort pour démêler ce qui était arrivé.... Mon Dieu, non! Il ne pouvait pas; il ne comprenait plus.... L'alcool, ses amis qui l'attendaient en bas, c'était tout.
Elle, lui répétait toujours, en serrant son fils contre sa poitrine:
«Va-t'en!... mais va-t'en!»
Alors, tournant sur lui-même, il prit l'escalier et s'en alla....