COLONEL MALFEYT.
XI
Lettre que m'adresse un Roumain de Bucarest.
Comme on voit que vous connaissez bien les Turcs — que nous coudoyons depuis des siècles, nous autres Roumains — ces Turcs, que les vicissitudes des temps ont rendus nos maîtres pendant de longues années, mais qui, chose incroyable et sans exemple dans l'histoire, n'ont jamais été haïs dans le pays, tant ils étaient bons et justes, et tant ils avaient le respect de la parole donnée.
La Roumanie vous portera dorénavant une affection reconnaissante pour les paroles de justice, pour les accents indignés que vous jetez à la face de l'Europe comme une flétrissure.
DEMÈTRE RACOVICEANO.
XII
Lettre que m'adresse un capitaine français qui servit onze ans dans la gendarmerie internationale de Macédoine.
Votre plaidoyer en faveur de nos amis turcs a un très grand retentissement dans leur cœur, qui est un cœur d'or, comme vous le savez. Le bien que vous faites ainsi à la cause française répare les ravages que notre presse, vendue aux vainqueurs, a causés à notre influence ; vous maintiendrez quand même, chez la victime insultée, l'amour de notre pays, tandis que les vainqueurs d'aujourd'hui nous renieront demain.
CAPITAINE X***.