XIII
Lettre que m'adresse un Turc de Constantinople.
Notre cœur saigne à la pensée que, dans notre malheur, l'insulte nous vienne de cette noble France que nous avons appris à aimer dès notre plus tendre enfance, au foyer maternel d'abord, puis à l'école française installée dans nos villes et nos villages ; c'est avec votre littérature que nous ne cessons de nourrir notre intelligence. Eh bien! monsieur, vous ne le croiriez pas ; malgré les insultes du Temps et d'un grand nombre de vos journaux, nous ne pouvons cesser d'aimer la France, notre seconde patrie, et la pensée qu'en cas de guerre avec l'Allemagne elle pourrait être de nouveau vaincue, me plongerait dans la douleur et la tristesse comme cela m'arrive pour mon propre pays.
X*** BEY.
XIV
Lettre que m'adresse un groupe de jeunes filles israélites de Constantinople.
Nous sommes de petites israélites turques et nous partageons toutes les souffrances endurées si courageusement par nos compatriotes musulmans. Oui, malgré ce qu'en diront nos ennemis, les vrais Turcs pourront être fiers de s'être vaillamment défendus et d'avoir sauvegardé l'honneur. Oui, malgré tout, la Turquie sera notre patrie, celle qui nous a recueillis, nous israélites, avec tant de générosité!
Nous sommes heureuses de trouver en vous un défenseur de cette Patrie sur laquelle pèsent tant d'injustes accusations, etc.
(Suivent cinq noms de jeunes filles.)