En outre, le gouverneur de Lemnos informe, dans un rapport, la Sublime-Porte que les fonctionnaires ottomans, ci-dessous mentionnés, ont été assassinés de la manière la plus féroce par les officiers et les soldats grecs dans le port de Moundouros :

Assaf bey, greffier de justice ; Salin effendi, commandant du port ; Mahmoud effendi, fermier de la dîme ; Chukri effendi, notable de Moundouros ; Hussein effendi, facteur ; Remzi effendi, greffier ; Ahmed effendi, fonctionnaire de la Banque agricole ; enfin, Ibrahim effendi, notable de Lemnos, assassiné par méprise à la place de son frère.

Ledit gouverneur ajoute qu'il tient aussi d'une source privée et authentique que douze autres personnes notables et fonctionnaires dans les îles avoisinantes de Lemnos ont été également conduits au port de Doundouros et lâchement assassinés en même temps que les malheureux ci-haut mentionnés.

On parlera encore des atrocités turques!…

ROBERT DUVAL.

XXI

Lettre que m'adresse un ingénieur roumain.

Ici, nous savons de façon certaine que pendant cette guerre, les alliés ont massacré non seulement les populations musulmanes, mais aussi de tranquilles populations roumaines. Ils ont fermé les églises et les écoles roumaines, ont brûlé les livres et les évangiles écrits en roumain, ont emprisonné et tué les prêtres et les instituteurs roumains. Les tortures subies par ces malheureux sont inouïes. L'instituteur roumain Démètre Cicina (lisez Tjicina), le directeur des écoles de Turia, a été appelé par lettre officielle et tué d'une manière atroce ; on lui a coupé d'abord la langue, ensuite on lui a arraché les cheveux, puis on lui a coupé chaque veine du corps. Le cadavre de ce malheureux a été jeté sur les bords d'une rivière à la proie des chiens vagabonds.

La veuve et les enfants de notre martyr se trouvent à Bukarest, et on peut leur faire demander les récits de ces atrocités par une personne digne de foi, par exemple M. le ministre français résidant à Bukarest… etc… etc.

A Klebi-Cliscera, les Grecs ont incendié 250 maisons roumaines et l'église roumaine Saint-Nicolas. Les écoles roumaines ont été incendiées aussi. Les Roumains : George Galbadjari, N. Maugrosi et Caracuta ont été tués.