Je ne donne pas le nom des signataires, par crainte de leur attirer de cruels châtiments.
P. LOTI.
XXXI
L'opinion de Frédéric Masson, de l'Académie Française.
Je suis convaincu, depuis que j'ai été en Orient, il y a quarante-cinq ans, que, sans les Turcs, voilà longtemps qu'il n'y aurait plus un catholique romain dans l'empire ottoman.
XXXII
Encore une des lettres que m'adressent mes lecteurs inconnus.
J'ai vécu en Orient les trois meilleures années de ma vie ; j'y ai été en relation avec toutes les races. Je puis d'autant mieux dire combien est profondément justifiée votre sympathie pour les musulmans, combien vrai le jugement que vous portez sur la bassesse, la rapacité et la lâcheté des levantins chrétiens. L'accord de tous ceux qui ont vécu en Turquie est unanime là-dessus. J'en causais l'autre jour avec un de vos collègues de l'Institut, qui a longtemps séjourné là-bas et son avis était que si les Turcs ont massacré les Arméniens, c'est qu'il y avait à leur haine des causes profondes, dont les moindres sont le vol et l'usure que ces gens-là pratiquent à l'excès contre les pauvres paysans musulmans.
Et pourtant, qu'on est tranquille là-bas, chez eux, et libre, loin de nos menteuses formules de liberté! Et quelle sécurité, à toute heure de jour et de nuit, même au fond des campagnes!
Merci pour votre geste, de vous être penché sur nos amis les Turcs, merci pour avoir, le seul en France, au milieu des croassements d'une presse ignorante ou vendue, dit les mots qu'il fallait dire!