[Note 552: ][ (retour) ] Ricordano Malespini, Stor. fior. Giov. Villani, Stor. Tiraboschi, Stor. della Lett. ital., t. IV, liv. III, etc.

[Note 553: ][ (retour) ] Cento Novelle Antich. nov. 20.

[Note 554: ][ (retour) ] De Arte venandi cum avibus. Ce traité, divisé en deux livres, ne s'est point conservé en entier. Mainfroy, fils de Frédéric, en avait suppléé plusieurs parties et des chapitres entiers. C'est sur un manuscrit rempli de lacunes, qui appartenait au savant Joachim Camérarius, qu'il fut imprimé à Augsbourg (Augustœ vendelicorum) en 1569, in-8°.

Il n'est resté de poésies de Frédéric II, qu'une ode ou chanson galante, dans le genre de celles des Provençaux, et que l'on croit un ouvrage de sa jeunesse: on y voit la langue italienne à sa naissance, encore mêlée d'idiotismes siciliens [555], et de mots fraîchement éclos du latin, qui en gardaient encore la trace [556]. L'ode est composée de trois strophes, chacune de quatorze vers, l'entralacement des rimes est bien entendu et tel que les lyriques italiens le pratiquent souvent encore. Les pensées en sont communes, et les sentiments délayés dans un style lâche et verbeux, mais cela n'est pas mal pour le temps et pour un roi, qui avait tant d'autres choses à faire que des vers [557]. Nous avons vu un autre Frédéric en faire de meilleurs, mais plus de cinq cents ans après; et le Frédéric de Sicile n'avait pas, comme celui de Prusse, un Voltaire pour confident et pour maître.

[Note 555: ][ (retour) ] Tiraboschi, t. IV, liv. III, ch. 3; Crescimbeni, Istoria della volgar poesia, t. III.

[Note 556: ][ (retour) ] Comme eo venu d'ego, moi, qui était prêt à devenir io, et meo, mien, qui est le mot latin même, et qui devint peu de temps après mio.

[Note 557: ][ (retour) ] Voici la première strophe de sa canzone:

Poiche ti piace, amore

Ch'eo deggia trovare

Faron de mia possanza

Ch'eo vegna a compimento.

Dato haggio lo meo core

In voi, Madonna, amare;

E tutta mia speranza

In vostro piacimento.

E no mi partiraggio

Da voi, donna valente;

Ch'eo v'amo dolcemente:

E piace a voi ch'eo hoggia intendimento;

Valimento mi date, donna fina;

Che lo meo core adesso a voi s'inchina.

La forme de cette strophe, l'entrelacement des vers et des rimes, le mot trovare, trouver, employé au deuxième vers, pour rimer, faire des vers, etc., tout annonce ici l'imitation de la poésie des troubadours.

Il avait pourtant un secours à peu près de même espèce dans son célèbre chancelier Pierre des Vignes, homme d'un grand savoir, d'une haute capacité dans les affaires, et de plus philosophe, jurisconsulte, orateur et poëte. Né à Capoue d'une extraction commune, il étudiait à Bologne dans l'état de fortune le plus misérable. Le hasard le fit connaître de Frédéric, qui l'apprécia, l'emmena à sa cour, et l'éleva successivement aux emplois de la plus intime confiance et aux plus hautes dignités. Pierre des Vignes partagea les vicissitudes et les agitations de sa fortune. Les ambassades les plus importantes et les commissions les plus délicates exercèrent ses talens et son zèle. Dans une circonstance solennelle, devant le peuple de Padoue, et en présence de l'empereur même, il combattit en sa faveur les effets de l'injuste excommunication du pape, avec des vers d'Ovide, d'où il tira le texte de son discours [558]. Cela prouve que les bons poëtes latins lui étaient familiers, et l'on s'en apercoit au style d'une de ses canzoni qui nous a été conservée [559]. Elle est en cinq strophes de huit vers en décasyllabes. On y voit plusieurs comparaisons qui relèvent un peu l'uniformité des idées et des sentiments. Il se compare à un homme qui est en mer, et qui a l'espérance de faire route quand il voit le beau temps [560]. Il voudrait ensuite, ce qui n'est pas d'une poésie trop noble, pouvoir se rendre auprès de sa maîtresse en cachette comme un larron, et qu'il n'y parût pas [561]; s'il pouvait lui parler à loisir, il lui dirait comment il l'aime depuis long-temps, plus tendrement que Pirame n'aima Tisbé. On reconnaît ici son goût pour Ovide. Dans la dernière strophe, il s'adresse à sa chanson même, comme les Troubadours le faisaient quelquefois et comme les poëtes italiens l'ont presque toujours fait depuis.

[Note 558: ][ (retour) ]

Leniter ex merito quidquid patiare ferendum est:
Quœ venit indignè pœna, dolenda venit
.

(Ovide.)

[Note 559: ][ (retour) ] Elle parut pour la première fois dans le Recueil des Rime Antiche, donné par Corbinelli, à la suite de la Bella mano de Giuste de' Conti, Paris, 1595, in-8°. On la trouve aussi dans Crescimbeni, Istor. della volg. poes., t. I, p. 130 et ailleurs.