[Note 731: ][ (retour) ]

Tre donne intorno al cuor mi son venute,
E seggionsi di fuore
Che dentro siede amore
Lo quale è in signoria della mia vita
, etc.

[Note 732: ][ (retour) ]

Tempo fù già nel quale
Secondo il lor parlar furon dilette;
Or sono a tutti in ira ed in non cale.
Queste così solette
Venute son, come a casa d'amico
, etc.

[Note 733: ][ (retour) ]

Ed io ch'ascolto nel parlar divino
Consolarsi e dolersi così alti dispersi,
L'esilio che m'è dato onor mi tegno
.
...........................................
Cader tra' buoni è pur di lode degno.

On trouve parmi ses canzoni une sixtine avec toute la régularité du retour inverse des rimes dans les six strophes, telle que l'avaient créée les poëtes provençaux [734]. Il paraît que c'est la première qui ait été faite en langue italienne, du moins ne s'en trouve-t-il aucune dans ce qui nous est resté des poëtes antérieurs au Dante, ni même de ceux de son temps. Il était grand admirateur et imitateur des Troubadours, dont il possédait parfaitement la langue, comme on le voit dans plusieurs endroits de son poëme. On le voit aussi dans une de ses canzoni, dont l'idée est plus bizarre qu'heureuse. Les vers de chaque strophe sont alternativement provençaux, latins et italiens [735]; en la finissant il s'adresse, selon l'usage, à sa chanson même; elle peut, dit-il, aller partout le monde; il a parlé en trois langues pour que tout le monde puisse apprendre et sentir ce qu'il souffre; peut-être celle qui le tourmente en aura-t-elle pitié [736]. On ne voit pas trop ce que sa dame pouvait trouver là de touchant; cela ne paraîtrait aujourd'hui et ne parut peut-être même alors qu'une bigarrure de mauvais goût.

[Note 734: ][ (retour) ] Voyez ci-dessus, c. 5, p. 300 et 301.

[Note 735: ][ (retour) ] Elle commence ainsi:

Ahi faulx ris perqe trai haves
Oculos meos, et quid tibi feci
Che fatto m'hui cosi spietata fraude
?

[Note 736: ][ (retour) ]

Canzos, vos pogues ir per tot le mon;
Namque locutus sum in linguâ trinâ
Ut gravis mea spina
Si saccia per lo mondo, ogn'huomo il senta.
Forse pietà n'havrà chi mi tormenta
.

Toutes ses poésies ne sont pas dans ce recueil. Celles de sa première jeunesse sont insérées dans une espèce de roman qu'il composa peu de temps après la mort de Béatrix, et qu'il intitula Vie nouvelle, Vita nuova: c'est celui où il raconte toutes les circonstances de leurs amours. Il met chacun à leur place, les sonnets et les autres pièces de vers qu'il avait faits pour elle, et prend toujours soin de dire en combien de parties ces pièces sont divisées, et ce qu'il a voulu dire dans la première, et quelle est l'intention de la seconde, etc. On voit en un mot qu'il n'a fait ce récit en prose que pour y encadrer ses vers, et comme une espèce de monument élevé à la mémoire de celle qu'il avait aimée; mais il trouve cet hommage trop peu digne d'elle, et il annonce, en finissant, que s'il peut vivre quelques années, il dira d'elle des choses qui n'ont jamais été dites d'une femme [737]. On sait qu'il remplit cet engagement dans sa Divina Commedia; et s'il est vrai que la Vita nuova fut écrite en 1295 [738], on voit par-là qu'il avait, dès l'âge de trente ans, formé le dessein et peut-être même commencé l'exécution de ce grand ouvrage.

[Note 737: ][ (retour) ] Sicchè, se piacere sarà di colui a cui tutte le cose vivono, che la mia vita per alquanti anni perseveri, spero di dire di lei quello che mai non fu detto d'alcuna.

[Note 738: ][ (retour) ] Voyez Pelli, Memorie per la vita di Dante, § XVII.