Poculaque inventis acheloïa miscuit uvis.
Totaque thuriferis Panchaïa pinguis arenis.
Hic vero subitum, ac dictu mirabile monstrum,
Confluere et lentis uvam demittere ramis.
Et premere et laxas sciret dare jussus habenas.
Atque rotis summas levibus perlabitur undas.
Nudus in ignotâ, Palinure, jacebis arenâ.
O nimium cœlo et pelago confise serena; etc.
Rimes plus riches:
I nunc et verbis virtutem illude superbis.
Cornua velatarum obvertimus antennarum.
On ne trouve pas moins de rimes de cette espèce dans les vers lyriques. En voici quelques exemples tirés d'Horace:
Metaque fervidis
Evitata rotis, palmaque nobilis,
Terrarum dominos evehit ad Deos.
Hunc si mobilium turba quiritium.
Illum si proprio condidit horreo
Quicquid de Libycis verritur areis,
Stratus nunc ad aquæ lene caput sacræ.
Observez que tous ces vers rimés sont dans une seule ode, la première.
Nec venenatis gravida sagittis.
Pone me pigris ubi nulla campis
Arbor œstivâ recreatur aurâ,
Aut in umbrosis Heliconis oris
Aut super Pindo gelidove in Hæmo, etc.
Je n'ai pas le faible mérite de rassembler ces exemples; je les ai trouvés réunis dans la traduction d'une lettre anglaise sur l'art des vers, imprimée en 1779, à Paris, dans un recueil intitulé: Mélange de traductions de différents Ouvrages grecs, latins et anglais, etc., par l'auteur de la traduction d'Eschyle (Lefranc de Pompignan). Je répéterai ici que si l'on n'avait pas attaché à ces consonnances une certaine idée de beauté, elles eussent été de véritables fautes.
[Page 244, addition à la note 420].--On voit que ce que j'ai dit des Troubadours provençaux, Fauchet le dit, dans ce passage, des Trouvères français. La ressemblance est égale sur beaucoup d'autres points. Mais les Troubadours et les Trouvères, s'élevèrent-ils en même temps? Si ce fut à l'imitation les uns des autres, lesquels servirent aux autres de modèles? Ce sont là des questions souvent débattues, du moins en France, et qui le seront peut-être long-temps encore. Je les laisse entières, et n'ai pas voulu même y entrer. Les rapports dont il s'agit ici entre les Troubadours et les Arabes sont certains: il est certain aussi que les Arabes ou Sarrazins d'Espagne, n'empruntèrent rien des Provençaux, mais bien les Provençaux des Sarrazins. Les conséquences ultérieures ne sont pas de mon sujet.
[Page 395, ligne 2.] «Des poëtes italiens s'étaient fait entendre à Bologne, à Pérouse, etc.». L'ancien rimeur de Pérouse est Cecco Nuccoli. L'Allacci a inséré vingt-neuf sonnets de lui dans son recueil. La langue y est plus informe, plus mêlée de mots non encore assouplis au nouvel idiôme, que dans la plupart des autres poésies de ce temps. Ils sont d'ailleurs d'un genre tout particulier; c'est une espèce de burlesque ou de plaisanterie satyrique; dont ce Cecco paraît avoir fait le premier essai. Il y en a d'amoureux, mais l'amour s'y exprime plutôt avec originalité qu'avec tendresse. Par exemple, le poëte aime une femme dont le nom commence par T. Il est plus amoureux de cette lettre, qu'un enfant ne l'est des fruits: il veut la placer parmi les lettres voyelles, et pour l'honorer davantage, l'entourer de perles; il veut par-là plaire à l'amour dont il est l'esclave. Il ne lui demande qu'une grâce, c'est de ne pas mourir des coups que ses traits lui portent; de ne pas mourir surtout tandis qu'il gêle.