Divers recueils d'érudition [236] contiennent des poésies latines d'un archevêque de Salerne, nommé Alfanus, qui ne valent pas les vers des médecins de son diocèse. On trouve dans d'autres recueils [237] un poëme entier en cinq livres, sur les expéditions des princes Normands en Italie, par Guillaume de Pouille [238], et quelques autres poésies du même temps [239]. L'historien y peut rechercher des faits dont il ne trouverait nulle part ailleurs aucune trace; mais l'homme de goût y chercherait en vain quelques vers dont il pût être satisfait.
[Note 234: ][ (retour) ] C'est Zacharie Silvius qui assure, dans sa préface, ad schol. Salernit., avoir vu un manuscrit finissant par ces mots Explicat. (lisez explicit) tractatus qui dicitur Flores medicinœ compilatus in studio Salerni, à Mag. Joan. de Medialano, etc. Ce poëme a eu un grand nombre d'éditions, sous différents titres: Medicina Salernitana; de Conservandâ bonâ valetudine; Regimen sanitatis Salerni; Flos Medicinœ, etc. Plusieurs de ces éditions sont accompagnées de notes; celles de René Moreau, Paris, 1525, in-8., passent pour les meilleures.
[Note 235: ][ (retour) ] Tiraboschi, loc. cit.
[Note 236: ][ (retour) ] Entre autres Mabillon, Acta SS. Ordin. S. Benedicts, vol. I. Baronius, Annal. Eccl. an MCXI.
[Note 237: ][ (retour) ] Muratori, Rer. ital. Script., t. V.
[Note 238: ][ (retour) ] Guillelmi Appuli de rebus Normannor. poema, ibid.
[Note 239: ][ (retour) ] Tels que Laurentius Verniensis, Rerum Pisanarum; Magister Moses, de laudibus Bergomi, etc. ibid.
Il serait inutile de nous traîner sur des noms et sur des ouvrages ignorés et illisibles. Rien n'y annonçait encore une résurrection prochaine: la semence en était jetée, mais rien ne germait et surtout ne fructifiait encore. En voyant avec quelle lenteur et avec combien de peine l'esprit humain se dégage de la rouille que la barbarie lui a une fois imprimée, on apprend à sentir de plus en plus les bienfaits de l'instruction, à chérir davantage les sciences, la philosophie et les lettres; à respecter, à garder précieusement, à désirer d'augmenter chaque jour le trésor sacré des lumières.