Agité par les zéphyrs,

La couvrit de son ombrage,

Qui rappelle mes soupirs

En rappelant son image;

Immortalisé par ses charmes,

L'Amour a blessé tous mes sens,

Ecoutez mes derniers accents,

Recevez mes dernières larmes.

Ces dix-neuf vers sont admirables pour le but que Voltaire s'était proposé. Ce n'est point une copie, c'est un second portrait du même modèle, qu'on peut mettre à côté du premier; mais enfin ce n'est pas le premier. En voici une image moins brillante et moins vive; mais une copie plus fidèle. Dans l'original, chaque strophe est de treize vers, non pas libres comme ceux de Voltaire: mais soumis, pour la mesure et pour la rime, à des entrelacemens réguliers, difficultés dont le poëte se joue, et dont il ne semble même pas s'être aperçu.

La seconde et la troisième strophes sont remplies d'images tristes et lugubres, qui contrastent avec les tableaux riants de la première strophe et des suivantes. Leur couleur sombre fait mieux ressortir la grâce et la fraîcheur des autres. C'était un des secrets de l'art des anciens; et Pétrarque l'avait emprunté d'eux, ou l'avait comme eux trouvé dans son génie.