[Note 600: ] [ (retour) ] C'était une obstruction à la vessie.
[Note 601: ] [ (retour) ] Le 6 juin 1533. M. Barotti établit très-solidement cette date, et réfute celles du Fornari, du Pigna, etc.
[Note 602: ] [ (retour) ] Et non pas Agostini, comme l'a dit l'auteur de la Vie de l'Arioste qui est en tête du sixième volume de la traduction du Roland furieux, publiée à Paris en 1787.
[Note 603: ] [ (retour) ] On y lisait au-dessous de l'inscription nominale et votive, ces huit vers latins composés par Lorenzo Frizoli:
Heic Areostus est situs, qui comico
Aures theatri sparsit urbanas sale,
Satyraque mores strinxit acer improbos;
Heroa culto qui furentem carmine
Ducumque curas eccinit, atque prœlia;
Vales coronâ dignus unus triplici,
Cui trina constant quœ fuere vatibus
Graiis, latinis, vixque etruscis, singula.
[Note 604: ] [ (retour) ] A Paris, en 1778.
Enfin, quarante autres années après, Louis Arioste, petit-fils du poëte, fit élever à sa mémoire un monument beaucoup plus riche que le premier. Les marbres, les statues, l'architecture, tout y est magnifique [605]. Les cendres de l'Arioste y furent transportées de nouveau et y sont restées depuis. Il n'est point de voyageur qui ne les visite avec respect. Des souverains mêmes y ont porté leur tribut d'admiration. L'empereur Joseph II, en 1769, passa rapidement à Ferrare. Il n'y resta qu'une heure, et ne sortit de son hôtel que pour aller voir le tombeau de l'Arioste. Les Muses italiennes n'ont pas manqué de consacrer cette visite impériale [606], aussi honorable à l'empereur qu'au poëte.
[Note 605: ] [(retour) ] L'inscription gravée sur ce second tombeau est plus emphatique que la première; et ne la vaut pas. L'Arioste en avait fait lui-même une autre; le ton badin qu'il y avait pris a sans doute empêché de l'employer sur l'un et sur l'autre de ces deux monuments; mais c'est ce ton même qui la rend curieuse, et qui doit engager à la recueillir.
Ludovici Areosti humantur ossa
Sub hoc marmore, seu sub hâc humo, seu
Sub quidquid voluit benignus hæres,
Sive hærede benignior comes, sive
Opportuniùs incidens viator,
Nam scire haud potuit futura, sed nec
Tanti erat vacuum sibi cadaver
Ut urnam cuperet parare vivens;
Vivens esta tamen sibi paravit
Quæ inscribi voluit suo sepulchro,
Olim si quod haberet is sepulchrum,
Ne cum spiritus exili peracto
Præscripti spatio misellus artus,
Quos œgrè antè reliquerat, reponet,
Hac et hac cinerem hunc et hunc revellens,
Dum norit proprium, diu vagetur.
(Mazzuchelli, ub. supr.)
[Note 606: ] [(retour) ] Voyez un sonnet italien et deux épigrammes latines rapportées par M. Barotti, dans sa Vie de l'Arioste.
L'Arioste avait une belle figure, les traits réguliers, le teint vif et animé, l'air ouvert, bon et spirituel. Sa taille était haute et bien prise, son tempérament robuste et sain, si l'on en excepte un catarrhe dont il fut quelquefois attaqué. Il aimait à se promener à pied; et ses distractions, causées par les méditations, la composition ou les corrections dont il était continuellement occupé, le menaient souvent plus loin qu'il n'en avait eu le projet. C'est ainsi que, par une belle matinée d'été, voulant faire un peu d'exercice, il sortit de Carpi qui est entre Reggio et Ferrare, mais beaucoup plus près de Reggio, et qu'il arriva le soir à Ferrare, en pantouffles et en robe de chambre, sans s'être arrêté en chemin.
Sa conversation était agréable, piquante et respirait la franchise et l'urbanité autant que l'esprit. Ses bons mots étaient pleins de sel; sa manière de raconter était originale et plaisante, et ce qui manque rarement son effet, quand il faisait rire tout le monde, il était lui-même fort sérieux. Les auteurs qui ont écrit sa vie avec le plus de détail, le représentent doué de toutes les qualités sociales, sans orgueil, sans ambition, réservé dans ses discours et dans ses manières, attaché à sa patrie, à son prince, et surtout à ses amis; aimant la solitude et la rêverie; sobre, quoique grand mangeur et sans goût pour les mets recherchés, comme pour les repas bruyants. Ils le représentent aussi peu studieux et ne lisant qu'un petit nombre de livres choisis [607]; travaillant peu de suite, très-difficile sur ce qu'il avait fait, corrigeant ses vers et les recorrigeant sans cesse. Depuis qu'il eut formé le dessein de faire un poëme épique, il joignit à ses études poétiques l'histoire et la géographie. Ses connaissances géographiques surtout s'étendaient aux plus petits détails; on le voit par ceux où il se plaît à entrer quand il fait voyager ses héros; et dans ce genre d'épopée, les héros voyagent souvent.