[Note 607: ] [ (retour) ] Il aimait surtout Catulle, Virgile, Horace et Tibulle, et ne cessait de les relire.
L'Arioste aimait les jardins et les traitait comme ses vers, ne se lassant jamais de semer, de planter, de transplanter, de changer la distribution des carrés et des allées. Il lui arrivait souvent de prendre une plante pour l'autre; il élevait, comme précieuses, les herbes les plus communes, et les voyait éclore avec une joie d'enfant, pour n'y plus songer le lendemain. Il avait un autre goût plus cher, celui de bâtir et de faire dans sa maison des changements continuels; et il plaisantait souvent sur le malheur de ne pouvoir changer aussi facilement et à aussi peu de frais sa maison que ses vers. Il avait fait graver sur l'entrée ce joli distique latin:
Parva, sed apta mihi, sed nulli obnoxia, sed non
Sordida, porta meo sed tamen œre domus.
Tout homme sage peut aimer à les traduire ainsi librement pour sa propre maison.
Petite, mais commode, elle est faite pour moi:
Rien de honteux ne l'a souillée [608],
Personne ne m'y fait la loi [609],
Et de mes propres fonds enfin je l'ai payée.
[Note 608: ] [ (retour) ] On transporte ici au moral ce qui est au physique dans le latin, sed non sordida; rien n'empêche qu'une maison propre ne soit aussi une maison pure.