[Note 838: ] [ (retour) ] Tiraboschi, t. VII, part. II, p. 343.
[Note 839: ] [ (retour) ] Apostolo Zeno, notes sur Fontanini, l. I, p. 147.
[Note 840: ] [ (retour) ] Ibid., t. II, p. 461.
[Note 841: ] [ (retour) ] Ibid., p. 65.
[Note 842: ] [ (retour) ] Ibid., p. 286.
[Note 843: ] [ (retour) ] Ub. supr.
Parmi ses nombreux ouvrages, on ne compte pas moins de six romans épiques, plus remarquables par leur nombre et par leur longueur, que par leur mérite. Le premier fut une production de sa jeunesse. Un des rois sarrazins, amants d'Angélique, qui figurent dans les romans du Bojardo et de l'Arioste, Sacripant, roi de Circassie, en est le héros [844]. Ses entreprises et ses aventures sont extravagantes. Le Dolce, dont l'esprit était naturellement sage, se dégoûta lui-même de ses folies; il n'eut pas le courage d'aller jusqu'à la fin; mais il n'eut pas non plus celui de supprimer le commencement, et il publia en 1536 les dix chants qu'il en avait faits. Ce ne fut que vingt-cinq ans après qu'il revint à la poésie romanesque; et l'on dirait que, depuis ce temps, il ne fit plus rien que conter. Quatre des cinq longs poëmes qu'il écrivit alors sont étrangers à cette famille de Charlemagne et de ses preux; nous verrons dans le chapitre suivant le peu qu'il est bon d'en savoir. L'auteur fut plus heureux dans le cinquième. Il prit pour son héros ce même Roland qui avait été celui de tant d'autres; mais il choisit une époque qui était encore, à peu de chose près, reléguée dans les romans en prose, et que la poésie burlesque, comme nous le verrons dans la suite, avait seule jusqu'alors essayé de traiter; c'est l'époque de la naissance, de l'enfance de Roland et de ses premiers exploits. Le Prime imprese d'Orlando [845], tel est son titre; mais il prend les choses de haut, et commence les premières entreprises, ou les premiers exploits de Roland par les amours de Milon son père avec Berthe, sœur de Charlemagne.
[Note 844: ] [ (retour) ] Sacripante Paladino, Venezia, 1536, in-4º., canti X, ibidem, 1604.
[Note 845: ] [ (retour) ] Canti XXV, Venezia, 1572, in-4º.
Il faut nous rappeler ici des faits déjà séparés de nous par bien des fictions poétiques et des aventures romanesques [846]; le brave chevalier Milon d'Anglante, aimé de la jeune Berthe, l'enlevant d'une tour où l'empereur son frère l'avait enfermée, fuyant avec elle en Italie jusqu'à Sutri; les deux époux réfugiés dans une caverne, où Berthe accouche de Roland; cet enfant, destiné à tant de gloire, donnant au sein de la misère où il est plongé, des preuves d'un courage et d'une force extraordinaires, osant, quand la faim le presse, enlever de quoi la satisfaire à la table même de l'empereur, reconnu enfin par Charlemagne, qui se réconcilie avec Berthe sa sœur, et ramène en France la mère et le fils. Cette action qui est le sujet du dernier livre des Reali di Francia [847], forme en quelque sorte l'avant-scène de celle du poëme de Louis Dolce. Il est en vingt-cinq chants, et elle en remplit les quatre premiers.