[Note 739: ][(retour) ] C. X.

[Note 740: ][(retour) ] C. XI.

[Note 741: ][(retour) ] C. XII.

Un autre changement important, c'est que les deux chevaliers ne vont plus, par le conseil de ce bon enchanteur, chercher une femme qui les conduise dans sa barque aux îles Fortunées. Les jardins d'Armide sont au sommet d'une montagne voisine du lieu que le disciple de Pierre habite, et ils arrivent au pied de cette montagne, en le quittant. Ils la gravissent de même, entrent dans les jardins, trouvent Richard dans les bras d'Armide[742], le rappellent à la gloire et l'emmènent. Les descriptions et les discours sont les mêmes; il n'y a de changé que la fin. Tandis que l'un des chevaliers entraîne Richard, l'autre, suivant les instructions que leur a données le bon ermite, surprend Armide, lui attache les bras et les pieds avec des liens de topazes et de diamants, et la menace de la laisser en cet état, si elle ne détruit elle-même son palais, ses jardins et toute cette représentation fantastique. Elle est forcée d'obéir, et de faire obéir ses démons. Le charme est détruit; il ne reste que les rocs déserts et les bois de cyprès sauvages frappés de la foudre. Les chevaliers suivent leur route, et, ce qu'il y a de remarquable, c'est que, malgré la docilité d'Armide, ils la laissent enchaînée dans ce séjour horrible[743]. Le poëte s'est ainsi débarrassé d'elle et de sa magie; car dans tout le reste de l'ouvrage elle ne reparaît plus.

[Note 742: ][(retour) ] C. XIII.

[Note 743: ][(retour) ] Tout cela est allégorique; la dernière stance de ce chant le prouve. Le chevalier, qui avait enchaîné les pieds d'Armide, lui dit en la laissant dans cet état:

Hor securi andremo, e tu rimanti,

Perchè senno e valor così t'avvinse;

E vinta infernal fraude, honore havranno

Perfida lealtate e fido inganno.

Alors l'action du second poëme se renoue comme dans le premier. L'assaut se donne et dure jusqu'à la nuit[744]. Les machines sont brûlées par Argant et par Clorinde[745]. Cette guerrière est tuée et baptisée par Tancrède. Ismen enchante la forêt pour empêcher les chrétiens de renouveler leurs machines[746]; et tout s'y passe comme auparavant. L'armée d'Égypte s'avance[747]. En même temps que Godefroy en est instruit, il apprend aussi que la flotte qui fournit des vivres et des munitions à l'armée, est en si mauvais état dans le port de Joppé, que cette place elle-même est tellement endommagée, qu'il y aurait tout à craindre si les efforts de l'ennemi se portaient de ce côté. Godefroy y envoie les deux Robert avec une troupe choisie. Argant, à la tête d'un nombreux détachement, marche de son côté vers Joppé, où il se donne un combat opiniâtre et meurtrier. La place est emportée; le mur qui gardait les vaisseaux est renversé. La flotte est menacée de l'incendie: elle n'est délivrée que par l'arrivée imprévue de Richard et de Rupert, à qui ni le terrible Argant, ni aucun guerrier infidèle, ne peuvent opposer de résistance. Ils se retirent en bon ordre, et campent au bord de la mer, où ils allument des feux pendant la nuit. Toute cette action qui occupe près de deux chants[748], est absolument nouvelle. Le Tasse s'y montre digne de lui-même. Cette addition corrige un défaut reproché à la Jérusalem délivrée, où il est trop peu question de la flotte, partie si importante des forces de l'armée chrétienne, que sa perte l'aurait réduite aux plus fâcheuses extrémités. On voudrait pouvoir transporter ce combat d'une Jérusalem dans l'autre; il est presque perdu dans la seconde; ce serait dans la première une grande beauté de plus.

[Note 744: ][(retour) ] C. XIV.

[Note 745: ][(retour) ] C. XV.

[Note 746: ][(retour) ] C. XVI.