Strade nel ciel, per fama appena conte.
Ma chi dee paventare in alta impresa,
S'avvien, ch'amor l'affide? e che non puote
Amor, che con catena il cielo unisce?
Egli giù trae dalle celesti rote
Di terrena beltà Diana accesa,
E d'Ida il bel fanciullo al ciel rapisce.
Page 332, [note 506]. Considerazioni al Tasso di Galileo Galilei, etc.--La préface de cette première édition (des Considérations de Galilée sur le Tasse) contient l'historique assez curieux de cet écrit. C'est une chose singulière, que la meilleure critique qui ait été faite de la Jérusalem délivrée nous ait été conservée par l'admirateur le plus enthousiaste du Tasse, l'auteur même de sa Vie, le bon abbé Serassi. L'édition se fit après sa mort, sur une copie qu'il avait tirée de l'original même. Il avait écrit sur sa copie la note suivante: «J'ai eu le bonheur de la trouver (cette critique) dans une des bibliothèques publiques de Rome, en parcourant un volume de Mélanges. Voyant que c'était l'ouvrage de Galilée, que j'avais tant désiré d'avoir, je le copiai secrètement, sans rien dire à qui que ce fût de ma découverte, parce que cet opuscule n'étant point marqué dans la table, personne, jusqu'à présent, excepté moi, ne sait s'il y est, ni où il est, et qu'ainsi il ne pourra être publié, si ce n'est par moi, quand j'aurai eu le loisir de répondre, comme je le dois, aux accusations sophistiques et fausses d'un censeur, qui, dans d'autres matières, s'est acquis tant de célébrité.» Mais, dit l'auteur de la préface, il ne s'occupa point de ce travail, qui aurait pu donner beaucoup d'exercice à son esprit; et je crois qu'il changea d'avis, ayant peut-être découvert que la plupart des accusations n'étaient ni aussi sophistiques, ni aussi fausses qu'il le dit, et s'étant à la fin aperçu que le censeur qu'il lui fallait combattre n'était pas moins profond dans ces matières que dans les autres. Il aurait assurément eu tout le temps de répondre à Galilée, car il y avait déjà plusieurs années qu'il avait trouvé le manuscrit, et il avait plus de loisir qu'il ne lui en eût fallu.
Viviani, dans sa lettre écrite au grand-duc de Toscane Léopold, en 1654, insérée par Salvini, dans sa Vie de Galilée, Fasti consolari, p. 395, nous dit que ce grand homme, doué de la mémoire la plus heureuse et passionné pour la poésie, savait par cœur, entre autres auteurs latins, une grande partie de Virgile, d'Ovide, d'Horace et de Sénèque, et entre autres auteurs italiens, presque tout Pétrarque, toutes les Rime du Berni, et à peu de chose près, tout le poëme de l'Arioste, qui fut toujours son auteur favori, et celui de tous les poëtes qu'il louait le plus. «Il avait fait, continue Viviani, des observations particulières et des parallèles entre ce poëte et le Tasse, sur un grand nombre d'endroits. Un de ses amis lui demanda plusieurs fois ce travail avec beaucoup d'instances, pendant qu'il était à Pise; je crois que c'était Jacques Mazzoni. Il le lui donna enfin, et ne put jamais le ravoir. Il se plaignait quelquefois, avec chagrin, de cette perte, et avouait lui-même qu'il avait fait ce travail avec complaisance et avec plaisir.» On ne savait plus, depuis ce temps-là, ce qu'était devenu cet écrit, lorsqu'il fut découvert par hasard dans un recueil de Mélanges. Mais, par une suite de la fatalité qui y semblait attachée, il fallut que celui qui l'y trouva n'approuvât point les opinions de Galilée, qu'il eût dessein de défendre le Tasse, et que n'exécutant pas ce dessein, il privât le public de ce morceau précieux. Après la mort de celui qui l'avait copié, il fut encore long-temps sans tomber dans des mains qui pussent en faire un bon usage. Enfin, les manuscrits de l'abbé Serassi parvinrent dans celle du duc de Ceri; et c'est à ce seigneur très-zélé pour le bien des lettres qu'on en doit la publication.
Mais au moment où l'homme de lettres à qui il en avait confié le soin, tirait, pour l'impression, une nouvelle copie du manuscrit, il s'aperçut qu'il y manquait quatre feuillets, qu'il soupçonne avoir été arrachés par quelque zélé Tassiste. Ce sont précisément ceux où Galilée, après avoir démontré combien l'amour de Tancrède pour Clorinde est mal inventé et maladroitement lié à l'action, continuait à faire voir le peu de jugement que le Tasse avait mis à ourdir les autres aventures de son poëme. On trouve en effet cette fâcheuse lacune, p. 36 de l'édition in-12. Pour suppléer en partie à ce défaut, l'éditeur s'étant rappelé une lettre sur le même sujet, écrite par Galilée à Francesco Rinuccini, et qui était déjà imprimée ailleurs, l'a mise à la fin des Considérations, pour que l'on pût avoir, au moins en abrégé, une idée de ce que l'auteur avait dit avec plus d'étendue dans les quatre feuillets déchirés. Cependant cette lettre, p. 229 du volume, ne traite point du tout le même sujet. Galilée se borne à faire, entre l'Arioste et le Tasse, un parallèle dans lequel il donne tout l'avantage au premier. Mais ce que cette lettre, qui n'est pas longue, a de remarquable, c'est qu'elle est datée du 19 mai 1640. L'auteur n'avait que vingt-six ans quand il fit ses Considérations, mais il en avait soixante-dix quand il écrivit cette lettre; et l'on y voit qu'il n'avait point changé de sentiment. Le grand Galilée était absolument du même avis dont avait été le jeune professeur de Pise.