Page 502, [note 749] addition à la note sur l'arrêt du parlement de Paris, relatif à la Jérusalem conquise du Tasse.--Mon confrère, M. Bernardi, a lu depuis peu à notre classe un Mémoire contenant des éclaircissements sur cet arrêt et sur le poëme du Tasse qui en fut l'objet. Il m'a permis de mettre ici, d'après son Mémoire, le texte de l'arrêt, qui ne se trouve que dans des recueils que je n'avais pas sous la main.

Extrait des registres du parlement de Paris, du 1er septembre 1595.

«Sur ce que le procureur-général du roi a remontré que depuis peu de jours, en la présente année, a été imprimé en cette ville de Paris, un livre en vers italiens, intitulé la Gierusalemme del[828] Torquato Tasso, sur une copie nouvellement venue de Rome, et envoyée par l'auteur[829], auquel ont été ajoutés au vingtième livre, fol. 270, première page, quelques vers, au nombre de dix-neuf, depuis le 14e.[830] vers, pour la première stance, commençant par ces mots, Sisto, jusqu'au cinquième de la troisième stance, commençant par ces mots, Chiama onde, qui ne sont aux premières éditions de 1582[831], contenant propos contraires à l'autorité du roi et bien du royaume, mais à l'avantage des ennemis de cette couronne, et particulièrement des paroles diffamatoires contre le défunt roi Henri III et contre le roi régnant, pour la proposition des fulminations faites à Rome pendant les derniers troubles, et pour persuader qu'il est en la puissance du pape de donner le royaume au roi et le roi au royaume, qui sont termes préjudiciables à l'état; desquels vers il a fait lecture; requérant iceux être rayés et biffés dudit livre, pour être ladite page corrigée suivant les exemplaires des premières éditions, avec défense au libraire qui les a fait imprimer de les vendre et débiter; et que, à cet effet, les exemplaires de ladite nouvelle édition fussent saisis; et enjoint à tous ceux qui se trouveront en avoir acheté, de les rapporter pour être pareillement réformés à ladite page, et défenses à eux faites de les retenir, et ce sur les peines qui y appartiennent, suivant les arrêts ci-devant donnés.

«La matière mise en délibération, arrêt dudit jour du parlement conforme au réquisitoire.»

[Note 828: ][(retour) ] Lisez: di.

[Note 829: ][(retour) ] L'imprimeur ne dit pas tout à fait cela; il dit dans son Avis aux lecteurs, qu'il imprime ce poëme sur une nouvelle copie, du tout changée et revue par l'autheur, envoyée de Rome. C'était sans doute un exemplaire de la Jérusalem conquise, qu'il ne regardait que comme une édition corrigée de la première Jérusalem.

[Note 830: ][(retour) ] Cela est ainsi dans la copie que je transcris; mais c'est le 4e vers qu'il doit y avoir.

[Note 831: ][(retour) ] Erreur du procureur-général, qui confond la Jérusalem conquise avec la Jérusalem délivrée, comme le libraire l'avait probablement fait lui-même.

FIN DU CINQUIÈME VOLUME.

MOREAU, IMPRIMEUR, RUE COQUILLIÈRE, Nº 27.