Et comme Séléné ne répondait pas, elle la prit violemment par le cou:

«C'est toi qui l'as volé, n'est-ce pas? c'est toi? mais réponds donc! Je te ferai parler à coups de fouet, misérable petite chienne!»

Alors il se passa une chose terrible. L'enfant, effarée par la peur, la peur de souffrir, la peur de mourir, l'effroi le plus présent qu'elle eût jamais connu, dit d'une voix précipitée: «C'est Aphrodisia! Ce n'est pas moi! ce n'est pas moi.

—Ta sœur!

—Oui! oui! dirent les mulâtresses, c'est Aphrodisia qui l'a pris!»

Et elles traînèrent à Bacchis leur sœur qui venait de s'évanouir.

V
LA CRUCIFIÉE

Toutes ensemble elles répétèrent:

«C'est Aphrodisia qui l'a pris! Chienne! Chienne! Pourriture! Voleuse!»

Leur haine pour la sœur préférée se doublait de leurs craintes personnelles.