—Mais… mais ce n'est donc pas toi qui…
—Si. Je te l'avais promis.
—Alors… Je ne comprends plus.
—Ma chère, que tu comprennes ou non, c'est assez indifférent. Je laisse ce petit mystère à tes méditations. Si ce que tu m'as dit est vrai, elles menacent d'être prolongées. Voilà qui vient à point pour les occuper. Adieu.
—Démétrios! Qu'est-ce que j'entends?… D'où t'est venu ce ton-là? Est-ce bien toi qui parles? Explique-moi! Je t'en conjure! Qu'est-il arrivé entre nous? C'est à se briser la tête contre les murailles…
—Faut-il répéter cent fois les mêmes choses! Oui, j'ai pris le miroir; oui, j'ai tué la prêtresse Touni pour avoir le peigne antique; oui, j'ai enlevé du col de la déesse le grand collier de perles à sept rangs. Je devais te remettre les trois cadeaux en échange d'un seul sacrifice de ta part. C'était l'estimer, n'est-il pas vrai? Or, j'ai cessé de lui attribuer cette valeur considérable et je ne te demande plus rien. Agis de même à ton tour et quittons-nous. J'admire que tu ne comprennes point une situation dont la simplicité est si éclatante.
—Mais garde-les, tes cadeaux! Est-ce que j'y pense! Est-ce que je te les demande, tes cadeaux? Qu'est-ce que tu veux que j'en fasse? C'est toi que je veux, toi seul…
—Oui, je le sais. Mais encore une fois, je ne veux plus, de mon côté; et comme, pour qu'il y ait rendez-vous, il est indispensable d'obtenir à la fois le consentement des deux amants, notre union risque fort de ne pas se réaliser si je persiste dans ma manière de voir. C'est ce que j'essaye de te faire entendre avec toute la clarté de parole dont je suis susceptible. Je vois qu'elle est insuffisante; mais comme il ne m'appartient pas de la rendre plus parfaite, je te prie de vouloir bien accepter de bonne grâce le fait accompli, sans pénétrer ce qu'il a pour toi d'obscur, puisque tu n'admets pas qu'il soit vraisemblable. Je désirerais vivement clore cet entretien qui ne peut avoir aucun résultat et qui m'entraînerait peut-être à des phrases désobligeantes.
—On t'a parlé de moi!
—Non.