Alors elle osa prendre enfin le pied cassé de la statue.
Elle le souleva obliquement et non sans quelque peine, car il entraînait avec lui une partie du socle évidé qui reposait sur le piédestal.
Et sous la pierre elle vit briller tout à coup les énormes perles.
Elle tira le collier tout entier. Qu'il était lourd! elle n'aurait pas pensé que des perles presque sans monture pussent peser d'un tel poids à la main. Les globes de nacre étaient tous d'une merveilleuse rondeur et d'un orient presque lunaire. Les sept rangs se succédaient, l'un après l'autre, en s'élargissant comme des moires circulaires sur une eau pleine d'étoiles.
Elle le mit à son cou.
D'une main elle l'étagea, les yeux fermés pour mieux sentir le froid des perles sur la peau. Elle disposa les sept rangs avec régularité le long de sa poitrine nue et fit descendre le dernier dans l'intervalle chaud des seins.
Ensuite elle prit le peigne d'ivoire, le considéra quelque temps, caressa la figurine blanche qui était sculptée dans la mince couronne, et plongea le bijou dans ses cheveux plusieurs fois avant de le fixer où elle le voulait.
Puis elle tira du socle le miroir d'argent, s'y regarda, y vit son triomphe, ses yeux éclairés d'orgueil, ses épaules parées des dépouilles des dieux…
Et s'enveloppant même les cheveux dans sa grande cyclas écarlate, elle sortit de la nécropole sans quitter les bijoux terribles.