«Dorothea te conjure, ô charitable Epistrophia, d'éloigner de son esprit le désir qu'y a jeté l'Erôs, ou d'enflammer enfin pour elle les yeux de celui qui se refuse. Elle t'offre cette branche de myrte parce que c'est l'arbre que tu préfères.»

*

Une autre:

«Sur ton autel, ô Paphia, Callistion dépose soixante drachmes d'argent, le superflu de quatre mines qu'elle a reçues de Cléoménès. Donne-lui un amant plus généreux encore, si l'offrande te semble belle.»

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Il ne restait plus devant l'idole qu'une enfant toute rougissante qui s'était mise la dernière. Elle ne tenait à la main qu'une petite couronne de crocos, et le prêtre la méprisait pour une aussi mince offrande.

Elle dit:

«Je ne suis pas assez riche pour te donner des pièces d'argent, ô brillante olympienne. D'ailleurs, que pourrais-je te donner que tu ne possèdes pas encore? Voici des fleurs jaunes et vertes, tressées en couronne pour tes pieds. Et maintenant…»

Elle défit les deux boucles de sa tunique et se mit nue, l'étoffe ayant glissé à terre.

«… Me voici tout entière à toi, déesse aimée. Je voudrais entrer dans tes jardins, mourir courtisane du temple. Je jure de ne désirer que l'amour, je jure de n'aimer qu'à aimer, et je renonce au monde, et je m'enferme en toi.»