—Caballero, je suis honnête, je ne suis pas rentrée du tout de peur de faire un péché. Eh bien, donnez-moi un réal[6] et je vous chanterai une soledad pendant que la surveillante est au fond de la salle.»
Vous pensez si les voisines nous regardaient pendant ce dialogue. Moi, sans doute, j’en avais quelque embarras, mais Concha était imperturbable. Je poursuivis:
«Alors avec qui es-tu à Séville?
—Avec maman.»
Je frémis. Un amant, pour une jeune fille, est encore une garantie; mais une mère, quelle perdition!
«Maman et nous, nous nous occupons. Elle va à l’église; moi je viens ici. C’est la différence d’âge.
—Tu viens tous les jours?
—À peu près.
—Seulement?
—Oui. Quand il ne pleut pas, quand je n’ai pas sommeil, quand cela m’ennuie d’aller me promener. On entre ici comme on veut; demandez-le à mes voisines; mais il faut être là à midi, ou alors on n’est pas reçue.