Giglio s'inclina.

—Je n'ai plus rien à dire, mademoiselle. Et si vous voulez que je vous aide à partir d'ici, je suis tout prêt.

—Comment? Vous voulez bien?

—C'est peut-être absurde; je n'en sais rien. En tout cas, cela ne me regarde pas. Vous avez bien le droit d'exprimer une volonté après dix ans de réflexion. J'ai dit ce que j'avais à vous dire. Maintenant, si vous êtes déterminée, je n'insiste plus. D'ailleurs, je suis dans mon rôle de jeune homme en jetant le désordre au milieu des familles et en bouleversant les projets d'un père. Et puis je crois même que je vous avais promis de vous obéir? Cela tombe admirablement bien.

Galatée lui serra les deux mains:

—Oh! vous êtes bon; et moi qui vous ai mal accueilli! Pardonnez-moi si vous le pouvez. Je vous aime de tout mon cœur. Écoutez... Quelle heure est-il?... Quatre heures dix... Les domestiques ne sont jamais levés avant six heures et demie. Nous avons plus de deux heures à nous... Je vous permets de ne pas m'habiller tout de suite.

[CHAPITRE XI]

COMMENT LES PROJETS DE PAUSOLE ET LES RÊVES DE DIANE À LA HOUPPE S'ACCORDAIENT EXACTEMENT.

On dit qu'il vaut mieux, sur des feuilles de bananier
Coucher avec deux hommes à la fois
Que de dormir seule.

Chanson populaire annamite. (Trad. Dumoutier.—1890.)