Souriante, avec un peu de fatigue dans le pli des sourcils, elle s'avançait péniblement mais encore non sans vaillance.
Bien qu'elle fût fille à combattre avec toute une escorte en armes, elle se laissa intimider par le silence et l'espace qui entouraient les cavaliers, et ce fut en rougissant qu'elle s'approcha de Giguelillot:
—Je vous remercie bien, monsieur... Merci... Vous avez été bon pour moi... ainsi que ces messieurs... Merci à tous... Merci bien de votre générosité... Merci encore... Merci... Merci...
Puis, avec un soupir qui venait du fond de sa franchise, elle dit en hochant la tête ces simples mots:
—Je n'oublierai pas.
Mais Giguelillot se penchait du haut de son zèbre:
—Qu'est-ce que tu tiens donc à la main?
—C'est la quarantième tulipe, monsieur... Je l'ai gardée pour vous... pour qu'elle vous porte bonheur...
—Gentille attention. Je la conserverai, ta quarantième tulipe. Que puis-je te donner à mon tour? Dis-le-moi.