—Monsieur... on a été bien mauvais pour moi à la métairie... Le patron a dit comme ça que je me dérangeais... que j'avais des fréquentations... et que je n'avais pas fait la traite du soir... et qu'il lui manquait deux seaux... Enfin, quoi?... je suis à la porte avec six francs dans mon foulard, et pas d'emploi pour le moment.

—Mais, ma pauvre Thierrette, je n'en ai pas à t'offrir.

—Oh! si!... Moi, j'en vois bien un... Ces messieurs n'ont pas de cantinière... Le service est dur, je ne dis pas... mais je serais bien dévouée, bien complaisante... Je ferais ce que je pourrais, vous savez...

—Comment? tu voudrais...

—Oui... Mais pour les premiers jours je suivrais dans les bagages... Je monterais à cheval un peu plus tard... si ça ne vous fait rien.

—Accepté. Va dans les bagages, c'est une excellente précaution. Et cache-toi bien jusqu'à midi. Ne te montre pas plus tôt, tu m'entends?

—Oh! non... dans ce moment-ci, j'ai plus envie de dormir que de faire la belle, monsieur... Et merci encore... Merci... Vous avez bon cœur avec les femmes.

[CHAPITRE II]

COMMENT PHILIS TROUVA UN MARI.

Mon pere, mariez-moy
Ou je suis fille perdue.
Se vous ne me mariez,
Il me faudra courir la rue
Soit en chemise ou toute nue
Faisant du pis que je pourrai.