—Et ces vêtements eux-mêmes... ce veston bleu... cette robe verte...
—Une libéralité à de pauvres paysans. La Princesse Aline et son compagnon ne veulent plus s'habiller que de noir.
Taxis regarda fixement le petit page.
—Monsieur, dit-il (et je m'excuse à l'avance de ce que je vais présumer), j'ai des raisons de penser que vous vous moqueriez de moi si je vous en donnais l'occasion. Mais aujourd'hui je vous crois, oh! je vous crois! La Vérité illumine ce que vous venez de m'apprendre. Je le sens! Je le sais! Je le crie!... On n'invente pas cela!... Désormais une lutte effrayante va se livrer en mon cœur entre mon devoir moral et mon devoir public... Si je protège la Princesse, je trahis le Roi... Si je la livre, j'arrache une âme à la vertu... D'un côté, c'est le forfait; de l'autre, c'est la coulpe... Dans les deux cas, l'enfer me guette... Que faire? Où aller? Que devenir?... Sentinelle! Sentinelle! Que dis-tu de la nuit?
Le poney de Philis se rua au milieu de ce désespoir. Pourpre et haletante, la petite criait:
—Mais vous ne voyez donc rien! Regardez devant vous... Tenez! Tenez!... Là-bas, sur la route...
[CHAPITRE V]
COMMENT LE ROI PAUSOLE FUT REÇU PAR LE PEUPLE DE TRYPHÊME.
Le 30 janvier 1589, il se fit en la ville plusieurs processions auxquelles il y a grande quantité d'enfans, tant fils que filles, hommes et femmes, plus de cinq ou six cents personnes toutes nues, tellement qu'on ne vit jamais si belle chose.—Dieu merci!