—Oui, Sire. Vous êtes obéi.
[CHAPITRE VII]
OÙ LE LECTEUR RETROUVE HEUREUSEMENT LES HÉROÏNES DE CETTE HISTOIRE.
Dès que je fus couchée, je lui dis: «—Approchez-vous, mon petit cœur.» Elle ne se fit pas prier et nous nous baisâmes d'une manière fort tendre...
Histoire de Mme la comtesse des Barres, 1742.
Aline et Mirabelle, sortant de l'hôtel du Coq, arrivèrent à la ville vers dix heures du soir.
Tryphême, endormie aux heures du soleil, s'anime au crépuscule et reste éveillée tard. Toutes les boutiques étaient ouvertes le long des rues pleines de passants quand les deux amies se mêlèrent à la foule, et Mirabelle en profita pour s'habiller sans plus attendre. Le sentiment de sa nudité était le plus désagréable qu'elle eût encore éprouvé. Bien qu'elle coudoyât beaucoup d'autres jeunes filles aussi découvertes qu'elle-même, ses yeux croyaient voir tous les yeux fixés sur un point de sa personne, et cela ne pouvait pas se supporter,—au moins de la part d'une multitude.
Elle entra donc dans une boutique et expliqua ce qu'elle désirait.
—Oh! madame, fit la marchande, en la considérant des pieds à la tête, ce n'est pas mon intérêt de parler comme je le fais, mais quel dommage d'habiller madame! Quand on a la poitrine si jeune, le ventre si fin, les jambes si bien faites, peut-on cacher des choses pareilles?
—C'est mon caprice, dit Mirabelle.