Mirabelle la laissa parler; puis elle répondit simplement:
—Ma petite sœur et moi, madame, nous n'avons besoin de personne.
À peine enfermées dans leur chambre, elles se déshabillèrent avec lassitude. Line dormait en faisant sa toilette et restait les doigts dans ses cheveux sans pouvoir terminer sa natte.
Mirabelle, mélancolique, mais patiente et résignée, la coucha comme une enfant.
—Bonsoir, Mirabelle... Dors bien... murmura Line en tendant la bouche, mais sans pouvoir rouvrir les yeux.
—Bonsoir, ma chérie... je ne t'éveillerai pas.
—Bien gentille... bonne nuit.
Mirabelle se glissa le long de son amie, prit tendrement le petit corps entre ses belles jambes jalouses, posa la tête blonde sur sa poitrine et ne put s'endormir que longtemps, longtemps après.
Elle s'éveilla cependant la première, sonna, sauta du lit et sortit dans le couloir afin de donner ses ordres silencieusement.