—Le Roi m'a dit qu'il songeait à permettre aux pages... d'entrer dans le harem... et qu'il fermerait les yeux sur... ce qui se passerait... très probablement.

—Admirable inspiration!

—Oh! ne ris pas!... Je suis si contente!... Nous pourrons nous revoir... Maintenant cela m'est bien égal que la blanche Aline soit prise... puisque cela ne nous sépare plus...

—Amour!...

—Mais tu vas me jurer quelque chose.

—Tout ce que tu voudras.

—Il y a tant de femmes au harem... Sais-je seulement si quelqu'une ne te fera pas la cour? Souviens-toi, Djilio, souviens-toi que je me suis soumise la première... et jure-moi que les autres n'obtiendront rien de ta bouche... Jure-moi que personne ne t'étreindra comme je t'étreins... avec mon corps et mon âme!... Jure, Djilio! Donne-toi comme je me donne!

Giguelillot ne fit aucune difficulté. Il jura selon les traditions et prit le ton qui convenait à la circonstance. Puis il quitta la belle Diane «afin de ne pas la compromettre», ainsi qu'il le lui fit comprendre,—et aussi pour dormir tranquille, mais il ne dit rien de cette-raison-là.


Le lendemain, comme il passait dans le corridor préfectoral, un appel murmuré mais pressant lui fit retourner la tête.