Giguelillot la félicita de ses dispositions studieuses. Toutefois, comme il ne trouvait ni agréable ni décent le rôle qu'on voulait lui faire jouer, il décida que dans l'intérêt même de l'élève, la seconde leçon devait être plus expérimentale que théorique, et, consultant ses fantaisies plutôt que les devoirs de sa tâche, il abusa diversement de l'acceptation préalable que Philis exprimait toujours à l'étourdie, avec un jeune élan de confiance et parfois de curiosité.
Philis apprit les quatre règles. Son esprit s'ouvrait peu à peu à toutes les lumières nouvelles d'une science qui la ravissait, et qui n'était jamais trop difficile, prétendait-elle, pour ses jeunes compréhensions. Cependant après une heure et quart Giguelillot lui dit en ami que son petit cerveau délicat avait assez travaillé.
Elle le retint:
—Vous vous en allez?
—Jusqu'à ce soir.
—Vous sortez en ville?
—Oui.
—Puis-je vous donner une commission?
—Laquelle?
—Écoutez... Ma sœur n'a pas toujours été gentille pour moi... mais je l'aime bien tout de même... et je suis triste qu'elle soit partie... Vous êtes si adroit, petit ami... Vous pourrez peut-être découvrir son adresse... et la voir un instant... et lui parler de moi... Cherchez-la, vous me ferez plaisir... Gardez son secret, je n'en veux pas... mais dites-moi si elle va bien... Je ne vous demande pas autre chose...