Tryphême après son départ reprit sa vie accoutumée. La jeune fille primée par M. Lebirbe continua de donner chaque soir le recommandable exemple qui lui avait valu les palmes. Mirabelle, déchirée par le désespoir en apprenant que Pausole avait repris sa fille, se rendit pourtant à la nuit sous le monument de Félicien Rops où elle savait pouvoir rencontrer Galatée. Toutes deux s'unirent ce soir-là jusqu'aux derniers vertiges de la sensation et elles ne savaient pas encore de quel amour fidèle et tendre cette longue étreinte en larmes nouait le premier souvenir.

Giguelillot avait parcouru le chemin du retour en quatre bonds de son petit zèbre, car il se devinait également incapable de cacher à la blanche Aline les sentiments nouveaux qu'elle lui inspirait, et d'exprimer à la belle Diane ceux qu'elle ne lui inspirait plus.

Pendant les trois jours où le Roi, seul avec sa bonne conscience, agita en lui des questions de morale, Line et son ami page se retrouvèrent toutes les nuits devant le Miroir des Nymphes toujours plein d'eau lunaire et de feuillages obscurs.

—C'est très mal, disait Line, songeant à Mirabelle.

—Non, disait Giguelillot, puisqu'elle n'en sait rien.

Et il savait se faire pardonner tout ce que cette parole avait d'abominable par tout ce qu'elle avait d'absolutoire et de consolant.


Enfin Pausole, un matin de soleil où la Reine Alberte venait de recevoir ses faveurs courtoises mais un peu distraites, sortit du palais en couronne et demanda sa mule Macarie.

En même temps il fit annoncer que tous les habitants de la demeure royale, Reines, écuyers et dames d'honneur, ministres, pages et palefreniers, eussent à se réunir en grande assemblée devant le cerisier de sa justice afin d'y entendre les discours qu'il jugerait bon d'y prononcer.