Eh bien, Giguelillot avait eu raison, Pausole n'en doutait plus. La paix touchait à l'ennui, le repos à l'accablement, l'égalité des heures à la mélancolie. Cette chambre, à la bien examiner, était simplement fastidieuse. Cet horizon, dont il croyait suivre avec intérêt les métamorphoses nuancées, avait épuisé pour lui, depuis longtemps, la gamme restreinte de ses lumières. Un petit esprit pouvait seul borner ses curiosités aux quinze figues de la terrasse, aux trente aloès de la haie. Il y avait d'autres figuiers, d'autres hampes jaunes en Tryphême. L'excursion serait féconde en agréments inattendus.

Ainsi Pausole connaissait l'art d'échapper à tous les regrets en changeant la définition du bonheur sous la dictée des circonstances.


L'entrée dramatique de Taxis, interrompit ses réflexions.

Le huguenot se plaça devant la porte comme s'il était prêt à sortir au cas où sa requête eût reçu échec, et il réunit par le bout l'index et le pouce de sa main droite, non point avec la signification que donnaient à ce petit geste les courtisanes athéniennes, mais pour marquer qu'il s'exprimait en termes d'ultimatum:

—Sire, déclara-t-il, une question, une seule: Suis-je encore Maréchal du Palais?

—Je ne comprends pas, répondit Pausole.

—Je précise d'un mot. Suis-je le chef, le collègue ou le subordonné du page nommé Giglio?

Pausole haussa les épaules.

—Quelle diantre de mouche vous pique à toute heure, Taxis! La question ne se pose point. Nous allons partir dans quelques instants. Je n'emmène que lui et vous. Je ne vois pas dans quel but j'établirais la suprématie d'un de mes conseillers sur l'autre, alors que tous deux sont à mes côtés et ne relèvent chacun que de mon commandement.