Il continua ainsi, très intéressé par son petit travail, et pendant plus d'un quart d'heure s'efforça de modifier la décoration de la salle, sans se préoccuper des règles d'Owen Jones. Certaines faux enlevées de leur manche et disposées à plat sur le sol avec sobriété, justesse, équilibre ornemental, répandirent leurs longues feuilles bleues qui rejetèrent le vermillon dans la gamme des tons orangés. Des lignes arborescentes de bâtons bout à bout donnèrent à la composition une sorte de solidité. Deux faucilles réunies par les pointes et les douilles autour d'une fondrière de couleur, imposèrent à l'ensemble un centre artificiel, un foyer de rousse argile, que balançait à l'autre coin un second foyer plus petit, mais également indispensable.

—Ah! ah! fit-il encore, ça n'est pas vilain. Maintenant, on peut entrer ici. Les objets sont à leur place.

Puis, animé par ce labeur de vingt minutes, il continua sa promenade à travers la métairie.

Un fruitier tout rouge de fraises et de framboises s'ouvrait un peu plus loin.

Il y entra.

—Bonjour, seigneur, dit une petite voix.

Et Giglio aperçut, derrière des claies de pourpre, la ligne blanche d'un corps de femme que relevaient des touches de blond.

Celle-ci peut-être allait se montrer plus tendre ou moins artificieuse que la jeune Thierrette.

Il ne s'attarda pas à lui demander son nom, ni même à faire avec les figues, les bananes et les mandarines des fantaisies décoratives.

S'approchant, il déclara: