52 — LA RENCONTRE
Je l'ai trouvée comme un trésor, dans un champ, sous un buisson de myrte, enveloppée de la gorge aux pieds dans un péplos jaune brodé de bleu.
« Je n'ai pas d'amie, m'a-t-elle dit; car la ville la plus proche est à quarante stades d'ici. Je vis seule avec ma mère qui est veuve et toujours triste. Si tu veux, je te suivrai.
« Je te suivrai jusqu'à ta maison, fût-elle de l'autre côté de l'île et je vivrai chez toi jusqu'à ce que tu me renvoies. Ta main est tendre, tes yeux sont bleus.
« Partons. Je n'emporte rien avec moi, que la petite Aphroditê qui est pendue à mon collier. Nous la mettrons près de la tienne, et nous leur donnerons des roses en récompense de chaque nuit. »
53 — LA PETITE APHRODITÊ DE TERRE CUITE
La petite Aphroditê gardienne qui protège Mnasidika fut modelée à Camiros par un potier fort habile. Elle est grande comme le pouce, et de terre fine et jaune.
Ses cheveux retombent et s'arrondissent sur ses épaules étroites. Ses yeux sont longuement fendus et sa bouche est toute petite. Car elle est la Très-Belle.
De la main droite, elle désigne sa divinité, qui est criblée de petits trous sur le bas-ventre et le long des aines. Car elle est la Très-Amoureuse.
Du bras gauche elle soutient ses mamelles pesantes et rondes. Entre ses hanches élargies se gonfle un ventre fécondé. Car elle est la Mère-de-toutes-choses.