54 — LE DÉSIR

Elle entra, et passionnément, les yeux fermés à demi, elle unit ses lèvres aux miennes et nos langues se connurent... Jamais il n'y eut dans ma vie un baiser comme celui-là.

Elle était debout contre moi, toute en amour et consentante. Un de mes genoux, peu à peu, montait entre ses cuisses chaudes qui cédaient comme pour un amant.

Ma main rampante sur sa tunique cherchait à deviner le corps dérobé, qui tour à tour onduleux se pliait, ou cambré se raidissait avec des frémissements de la peau.

De ses yeux en délire elle désignait le lit; mais nous n'avions pas le droit d'aimer avant la cérémonie des noces, et nous nous séparâmes brusquement.

55 — LES NOCES

Le matin, on fit le repas de noces, dans la maison d'Acalanthis qu'elle avait adoptée pour mère. Mnasidika portait le voile blanc et moi la tunique virile.

Et ensuite, au milieu de vingt femmes, elle a mis ses robes de fête. On l'a parfumée de bakkaris, on l'a poudrée de poudre d'or, on lui a ôté ses bijoux.

Dans sa chambre pleine de feuillages, elle m'a attendue comme un époux. Et je l'ai emmenée sur un char entre moi et la nymphagogue, et les passants nous acclamaient.

On a chanté le chant nuptial; les flûtes ont chanté aussi. J'ai emporté Mnasidika sous les épaules et sous les genoux, et nous avons passé le seuil couvert de roses.