Ses lèvres sont rouges comme le cuivre, ses cheveux bleuâtres comme le fer, et ses yeux noirs, comme l'argent.
61 — L'ANTRE DES NYMPHES
Tes pieds sont plus délicats que ceux de Thétis argentine. Entre tes bras croisés tu réunis tes seins, et tu les berces mollement comme deux beaux corps de colombes.
Sous tes cheveux tu dissimules tes yeux mouillés, ta bouche tremblante et les fleurs rouges de tes oreilles; mais rien n'arrêtera mon regard ni le souffle chaud du baiser.
Car, dans le secret de ton corps, c'est toi, Mnasidika aimée, qui recèles l'antre des nymphes dont parle le vieil Homêros, le lieu où les naïades tissent des linges de pourpre,
Le lieu où coulent, goutte à goutte, des sources intarissables, et d'où la porte du Nord laisse descendre les hommes et où la porte du Sud laisse entrer les Immortels.
62 — LES SEINS DE MNASIDIKA
Avec soin, elle ouvrit d'une main sa tunique et me tendit ses seins tièdes et doux, ainsi qu'on offre à la déesse une paire de tourterelles vivantes.
« Aime-les bien, me dit-elle; je les aime tant! Ce sont des chéris, des petits enfants. Je m'occupe d'eux quand je suis seule. Je joue avec eux; je leur fais plaisir.
« Je les lave avec du lait. Je les poudre avec des fleurs. Mes cheveux fins qui les essuient sont chers à leurs petits bouts. Je les caresse en frissonnant. Je les couche dans de la laine.