Que veux-tu? dis-le. S'il le faut, je vendrai mes derniers bijoux pour qu'une esclave attentive guette le désir de tes yeux, la soif quelconque de tes lèvres.

Si le lait de nos chèvres te semble fade, je louerai pour toi, comme pour un enfant, une nourrice aux mamelles gonflées qui chaque matin t'allaitera.

Si notre lit te semble rude, j'achèterai tous les coussins mous, toutes les couvertures de soie, tous les draps fourrés de plumes des marchandes amathusiennes.

Tout. Mais il faut que je te suffise, et si nous dormions sur la terre, il faut que la terre te soit plus douce que le lit chaud d'une étrangère.

84 — LES YEUX

Larges yeux de Mnasidika, combien vous me rendez heureuse quand l'amour noircit vos paupières et vous anime et vous noie sous les larmes;

Mais combien folle, quand vous vous détournez ailleurs, distraits par une femme qui passe ou par un souvenir qui n'est pas le mien.

Alors mes joues se creusent, mes mains tremblent et je souffre... Il me semble que de toutes parts, et devant vous ma vie s'en va.

Larges yeux de Mnasidika, ne cessez pas de me regarder! ou je vous trouerai avec mon aiguille et vous ne verrez plus que la nuit terrible.

85 — LES FARDS